Ici vous êtes au 2ème article de notre série :
- Le désaccord : une ressource sous-estimée
- Faire émerger les désaccords sans casser la relation
- Transformer les désaccords en décisions robustes
Je ne suis pas d’accord !
Cet article fait suite à différents accompagnements réalisés ces dernières semaines, où la question de « comment traiter les désaccords ? » a émergé.
Avec une équipe, qui se reconnaîtra 😉, nous avons traduit cette question par des tips et des défis du quotidien.
« Défis » ? Ambitieux !
Nous aurions aussi pu dire « sources d’inspiration de pratiques managériales ».
Cette phrase « je ne suis pas d’accord », il nous arrive à tous de l’entendre un jour ou l’autre ; il peut même nous arriver de la prononcer.
Qu’en faire ? Et pourquoi en faire quelque chose ?
Et si le fait même d’exprimer des désaccords avait un intérêt ? Explorons et peut-être, au final, serons-nous d’accord !
Défi n°1 : exprimer son désaccord
Un désaccord, ce n’est pas toujours facile à exprimer. Et pourtant, le faire comporte de multiples intérêts : enrichir le regard de votre interlocuteur en apportant un éclairage différent qu’il n’a peut-être pas vu, montrer son intérêt quant au sujet, créer un précédent, alléger sa propre charge mentale, éviter de ruminer… Si vous avez besoin d’en être persuadé, je vous renvoie à l’article 1 de cette série, ou à me contacter !
Alors comment faire pour exprimer un désaccord ?
Je vous propose quatre tips :
- Reformuler le propos de votre interlocuteur. Si ça se trouve, en reformulant, vous verrez, ou il verra, que vous êtes d’accord. Et, quoi qu’il en soit : reformuler, c’est reconnaître son propos et ainsi lui permettre d’être plus facilement à l’écoute de votre point de vue.
- Proposer votre point de vue sans chercher à l’imposer. Votre objectif : exprimer votre désaccord et vous assurer que votre interlocuteur l’a entendu.
- Tenir compte de votre rôle et de vos responsabilités ainsi que des siennes. Sur le sujet échangé avec votre interlocuteur, qui est responsable de quoi ? Qui décide de quoi ? Qui met en œuvre ?…
- Se protéger. Suivant la connaissance que vous avez de votre interlocuteur, sa réaction peut être plus ou moins ouverte. Pour limiter le risque d’un impact collatéral, mettez vos EPI (Equipement de Protection Individuel cher à la sécurité en entreprise) relationnels ! Préparez, choisissez le moment, utilisez la communication non violente…
Défi n°2 : écouter le désaccord… voire aller le chercher !
« Écouter un désaccord ? Quelle perte de temps ! Il faudrait même que nous allions le chercher ? À quoi bon : chacun est libre de s’exprimer. Et s’ils n’osent pas, tant pis pour eux ! »
Hum… comment dire… oui, peut-être… ou plutôt, en fait, non !
Lorsque notre interlocuteur n’est pas d’accord, nous avons tendance à penser qu’il est « contre nous ». Alors que, généralement, ce n’est pas du tout cela : il est juste « pour lui ». Il a son propre regard, ses propres objectifs, ses propres intérêts… et c’est ce qui le guide.
Écouter, voire aller chercher un désaccord, est alors sacrément utile : reconnaître son interlocuteur, ouvrir le champ des possibles, maximiser l’adhésion à la décision qui sera prise…
Sauf que, dans les faits, il ne suffit pas de dire « ma porte est ouverte ». Allons plus loin, en pleine responsabilité relationnelle. Allons chercher les intérêts de notre interlocuteur, exprimons les nôtres et voyons dans quelle mesure ils sont compatibles.
Évitons les : « Tu es d’accord ? ; On fait ainsi ? ; Allez, c’est parti ! »
Osons les : « Avec quoi es-tu d’accord ? ; Sur quoi as-tu un autre avis ? ; Que vois-tu que je ne vois pas ? ; Quelle autre solution ? ; Comment mettre cela en œuvre ? »
Bref : stop au signal faible de « si je n’entends rien ou pas de désaccord, c’est que tout est OK ».
Défi n°3 : traiter le désaccord
Exprimer son désaccord, écouter celui de son interlocuteur ou le faire exprimer sont des avancées réelles dans la qualité relationnelle. Elles traduisent un respect mutuel, source de motivation, d’engagement et de coopération.
A condition que le désaccord ne reste pas lettre morte et que ce ne soit pas « celui qui crie le plus fort qui décide ». Il reste à transformer le désaccord en décision claire, comprise et assumée… Envie d’en savoir plus et de (re)découvrir comment traiter un désaccord ?
RDV dans notre prochain article !
En synthèse
Le désaccord n’est pas un problème à éviter. C’est une ressource à exploiter. Lorsqu’il est exprimé avec professionnalisme, entendu avec ouverture et traité dans un cadre de gouvernance structuré, il devient un puissant levier de performance collective.
Lorsqu’un désaccord est exprimé, trois options sont possibles :
- Le désaccord provient d’une incompréhension : il convient de la lever.
- Les objectifs de chacun sont légitimes mais contradictoires : un arbitrage est nécessaire.
- Les objectifs sont cohérents mais les moyens disponibles ne permettent pas d’y répondre : une décision de priorisation ou d’allocation de ressources doit être prise.
Encore faut-il que le désaccord puisse être exprimé et réellement entendu !
C’est l’objet du prochain article.
Pour encore plus d’infos, inscrivez vous à notre prochain webinaire, le désaccord : le chainon manquant du management

Ma passion : la coopération. Expérimentant, tel Monsieur Jourdain, depuis la 1ere heure ou presque, je me suis professionnalisé et en ai fait aujourd’hui mon métier : artisan fabriquant de la coopération. Pour cela, je m’appuie sur mes compétences (ingénieur et coach), un triple regard (RH / Management, Organisation / Processus, Outil IT) et un objectif : vous permettre de développer / renforcer la coopération dans vos équipes au service de votre performance et de l’épanouissement de vos collaborateurs.
« Coopérer ? c’est faire grandir l’Autre et réciproquement ».